PASSING OF ‘ABDU’L-BAHÁ13
la base de toute religion et de toute mo-rale pure. Par ses écrits, par sa parole, par ses entretiens familiers comme par ses colloques célèbres avec les plus cultivés et les fervents adeptes des théories sectaires, il a su persuader, il a pu tou-jours convaincre. Les exemples vivantssont d’un autre pouvoir. Sa vie privée et publique était un exemple de dévouement et d’oubli de soi pour le bonheurdes autres . . .
“Sa philosophie est simple, direz vous, mais elle est grande par cette même simplicité, étant conforme au caractère humain qui perd de sa beauté lorsqu’il se trouve faussé par les préjugés et les superstitions ... . ‘Abbás est mort à Caiffa, en Palestine, la Terre Sacrée qui aproduit les prophêtes. Devenue stérileet abandonnée depuis tant de siècles e1leressucite de nouveau et commence à reprendre son rang, et sa renommée primitive. Nous ne sommes pas les seuls à pleurer ce prophète, nous ne sommes pasles seuls à le glorifier. En Europe, en Amérique, que dis-je, dans tout pays habité par des hommes conscients de leur mission dans ce bas monde assoiffé de justice sociale, de fraternité, on le pleu-rera aussi. Il est mort après avoir souffert du despotisme, du fanatisme et de l’intolérance. Acre, la Bastille turque, lui a servi de prison pendant des dizaines d’années. Bagdad, la capitale Abbasside, a été aussi sa prison et celie de son père. La Perse, ancien berceau de la philosophie douce et divine, a chassé ses enfants qui ont concu leurs idées chez elle. Ne voiton pas là une volonté divine et une préfèrence marquee pour la Terre Promise qui était et sera le berceau de toutes les idées généreuses et nobles? Celui qui laisse après lui un passé aussi glorieux n’est pas mort. Celui qui a écrit d’aussi beaux principes a agrandi sa famille parmi tous ses lecteurs et a passé à la posterité, couronné par l’immortalité.”
The nine speakers having delivered their funeral orations, then came the moment when the casket which held the pearl of loving-servitude, passed slowly and triumphantly into its simple, hallowed resting-place.
O the infinite pathos! that the beloved feet should no longer tread this earth! That the presence which inspired such devotion and reverence should be withdrawn!
Of the many and diverse journals that throughout the East and West have given in their columns accounts of this momentous event, the following stand as foremost among them:
Le Temps, the leading French paper, in its issue of December 19, 1921, under the title "Un Conciliateur" (A Peace Maker), portrays graphically the life of ‘Abdu’l-Bahá, the following being some of its excerpts : “Un prophéte vient de mourir en Palestine. Il se nommait Abdoul Bahá, et il était fils de Baháou’lláh, qui créa le bahaisme, religion ‘unifiée’ qui n’est autre que le babisme qu’avait observé le Comte de Gobineau. Le Báb, Messie du Babisme, se proposait modestement de régénerer la Perse, ce qui lui couta la vie, en 1850. Baháou’lláh et son fils Abdoul Bahá, ‘L’esclave de son père’, n’ambitionnaient pas moins que la régéneration du monde. Paris a connu Abdoul Bahá. Ce viellard magnifique et débonnaire répandit parmi nous la parole sainte il y a quelque dix ans. Il était vêtu d’une simple robe vert olive et coffé d’un turban blanc. . . . Sa parole était douce et berceuse, comme une litanie. On l’écoutait avec un plaisir recueilli, encore qu’on ne le comprit point; car il parlait en persan . . . . Le bahaisme, c’est en somme la religion de la charité et da la simplicité. C’est en même temps, amalgamé, le judaisme, le christianisme, le protestantisme, et la libre pensée. Abdoul Bahá se réclamait de Zoroastre, de Moise, de Mahomet et de Jésus. Peut-être jugerez vous que cette unification est la à la fois trop nombreuse et confuse. C’est qu’on ne comprend rien aux choses sacrées si l’on n’est inspiré par la foi . . . . Sous le turban blanc ses yeux reflétaient l’intelligence et la bonté. Il était paternal, effectueux et simple. Son pouvoir, semblait-il, lui venait de ce qu’il savait aimer